Préparer un cours particulier en 10 minutes : rappel, guidé, autonome
La préparation qui prend une heure n'est pas meilleure que celle qui en prend dix minutes. Elle est souvent moins ciblée, parce qu'elle part du chapitre et non de l'élève.
Préparer un cours particulier en 10 minutes : rappel, guidé, autonome
Mardi, 22 h 30. Vous préparez le cours de demain. Vous imprimez trois fiches d'exercices, vous relisez le chapitre du manuel. Le lendemain, l'élève arrive avec un contrôle surprise pour jeudi sur autre chose.
L'heure de préparation est perdue. Pas faute de travail, faute de point de départ.
Pourquoi on prépare trop, et mal
Préparer à partir du chapitre, c'est préparer pour une classe. En cours particulier, vous avez un élève, avec ses erreurs à lui, son contrôle de jeudi et sa fatigue du mardi.
La bonne préparation part de trois informations : ce qui s'est passé la dernière fois, ce qui arrive en classe, et ce qui bloque encore. Tout le reste est du confort.
Avec huit élèves, une heure de préparation chacun, c'est huit heures par semaine non payées. Dix minutes chacun, c'est 1 h 20.
La séance en trois temps
Une structure simple, qui fonctionne du CM1 à la Terminale.
Le rappel (10 minutes). Deux ou trois questions courtes sur la séance précédente. Pas pour noter, pour vérifier que ça tient une semaine après. C'est là que vous découvrez ce qui a vraiment été compris.
Le guidé (25 minutes). La notion ou la difficulté du jour, travaillée ensemble. Vous posez des questions plus que vous n'expliquez. L'élève écrit, vous corrigez au fil de l'eau.
L'autonome (20 minutes). Un ou deux exercices que l'élève fait seul, sans aide, pendant que vous observez. C'est le seul moment où vous voyez ce qu'il fera en contrôle.
L'élève ne sait faire que ce qu'il a réussi seul, sous vos yeux, sans votre aide.
La phase autonome est celle qu'on sacrifie quand on manque de temps. C'est pourtant celle qui prédit la note.
Le rituel de préparation de 10 minutes
Relire l'observation de la dernière séance (2 minutes) : ce qui a coincé, ce qui était prévu.
Vérifier l'agenda de classe de l'élève (2 minutes) : un message la veille suffit, « Qu'est-ce qui arrive en maths cette semaine ? ».
Choisir deux questions de rappel (2 minutes) sur la séance précédente.
Choisir un seul objectif pour le guidé (2 minutes) : une notion, pas un chapitre.
Choisir un exercice autonome (2 minutes) proche de ce que fera le professeur de la classe.
Constituez une banque personnelle de questions de rappel, rangées par notion. Au bout d'un trimestre, l'étape 3 prend trente secondes.
Ce qui rend le rituel possible : l'observation de la veille
Le rituel repose entièrement sur l'étape 1. Si vous ne savez plus ce qui s'est passé la semaine dernière, vous repartez du chapitre, et vous revoilà à une heure de préparation.
Il faut donc noter, à la fin de chaque séance, une ou deux phrases : ce qui tient, ce qui coince, ce qui est prévu. C'est la même matière que le bilan aux parents. Écrite une fois, elle sert deux fois.
Adapter selon le niveau
Primaire : réduisez le guidé à 15 minutes et ajoutez un temps de calcul mental. L'attention baisse vite, les séquences courtes fonctionnent mieux.
Collège : la structure complète fonctionne telle quelle. Surveillez le rappel, les oublis d'une semaine à l'autre sont fréquents en 5e et 4e.
Lycée : allongez l'autonome, avec des exercices de type examen. En Terminale, un exercice complet de bac en autonome toutes les deux ou trois séances.
Les erreurs de préparation les plus courantes
Préparer trop d'exercices. Trois exercices bien choisis valent mieux que douze survolés. L'élève doit en finir au moins un seul, sous vos yeux.
Changer d'objectif en cours de séance. Si l'élève arrive avec un contrôle imminent, décidez au début de la séance et tenez-vous-y.
Oublier le rappel. C'est la partie la plus courte et la plus souvent sacrifiée. C'est pourtant elle qui vous dit si la semaine précédente a servi.
La façon NeoProf : les dix minutes, et rien d'autre
La préparation courte ne tient que si le reste de votre semaine ne déborde pas dessus.
Séance notée en fin de cours, avec l'observation du jour. L'étape 1 du rituel est prête pour la semaine suivante.
Facture générée à partir de ces séances, sans recopie : les 30 minutes de factures du dimanche ne mangent plus votre préparation.
Avance immédiate : la famille paie la moitié, et vous pouvez facturer 40 € au lieu de 20 €, ce qui finance le temps de préparation.
Paiement suivi : aucun relevé bancaire à vérifier avant de préparer.
Rien à relancer : pas de message d'argent à écrire entre deux préparations.
Avec huit élèves, passer d'une heure à dix minutes de préparation rend plus de six heures par semaine. À 40 € de l'heure, c'est la valeur de deux après-midi de cours.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour préparer un cours particulier ?
Avec un suivi écrit de la séance précédente, dix minutes suffisent pour un cours d'une heure. Sans ce suivi, la préparation part du chapitre et prend souvent beaucoup plus longtemps.
Comment structurer une séance de cours particulier d'une heure ?
Un rappel de dix minutes sur la séance précédente, vingt-cinq minutes de travail guidé sur un objectif unique, et vingt minutes d'exercices en autonomie sous observation.
Faut-il suivre le programme de la classe ou les difficultés de l'élève ?
Les deux, dans cet ordre : les difficultés de fond d'abord, rattachées au chapitre en cours quand c'est possible. Un contrôle imminent justifie de changer la priorité pour une séance.
Que noter après chaque cours ?
Ce qui a été travaillé, ce qui tient, ce qui coince encore et ce qui est prévu. Deux phrases suffisent si elles sont précises.
Faut-il donner des devoirs entre deux séances ?
Oui, courts et ciblés : un ou deux exercices sur l'objectif de la séance, à faire seul. Ils servent de matière au rappel de la séance suivante.